Jeux olympiques – Plongeon « Il faut que je sois fier… » - Alexandre Despatie

Londres, 7 août 2012 (Sportcom) – Triste, soulagé, fier, c’est un peu dans ces trois états qu’ Alexandre Despatie a vécu la fin de sa dernière épreuve olympique de sa carrière, mardi soir, à Londres. Le plongeur a conclu une finale du 3 mètres extrêmement relevée au 11 e rang en remettant un pointage de 413,35 points. Le Russe Ilya Zakharov a mis fin à l’hégémonie chinoise en remportant l’or grâce à ses 555,90 points. Le Chinois Kai Qin (541,75 points) termine deuxième, tandis que le Chinois Chong He (524,15 points), médaillé d’or à Pékin et champion du monde en titre, obtient de bronze. En matinée, François Imbeau-Dulac avait raté sa place en finale par un seul rang en terminant 13e rang. Le plongeur de Saint-Lazare n’était qu’à 1,45 point d’une qualification. « Ça faisait longtemps que j’avais hâte à ce moment-là, que tout soit fini, a-t-il commenté. Ç’a été une année difficile à tous les niveaux : psychologique, émotionnel, physique, sauf que je m’étais dit que je voulais participer aux Jeux olympiques même après mon accident. Il faut que je sois fier d’avoir continué dans cette voie sans avoir laissé tomber. » - Il faut que tu sois fier ou bien ça va te prendre un peu de temps? « Ça va me prendre quelques heures avant de digérer tout ça. Il le faut, parce que ç’a été vraiment difficile. Je suis ici, j’ai plongé en finale et en synchro et je m’en suis très bien sorti. » Le Lavallois a bien plongé à ses cinq premiers plongeons avant de rater le sixième et dernier. Toutefois, même si ce plongeon avait été réussi, le double vice-champion olympique aurait tout de même été exclu du podium en raison du coefficient de difficulté moins élevé que ceux des médaillés. Les applaudissements nourris de la foule qui célébrait à tout rompre la fin de concours du Britannique Chris Mears sont survenus tout juste avant que le Québécois, provisoirement huitième, ne s’élance. « J’étais un peu mal placé sur la planche et je n’ai pas été capable de pousser », a précisé Despatie à propos de ce plongeon, ajoutant ne pas avoir été dérangé par la foule. « C’est une autre malchance et c’est quelque chose qui m’arrive pratiquement jamais. À part mon dernier plongeon, j’ai bien plongé et je suis content de ce que j’ai accompli. » Un long chemin en bien peu de temps Despatie a rappelé son long parcours de sa qualification vers Londres avant de se blesser à la tête à l’entraînement, seulement six semaines avant les Jeux. La possibilité de participer à un quatrième grand rendez-vous olympique a été la principale motivation de l’ex-champion du monde. « Je le répète : il y a six semaines, j’étais dans un lit à l’hôpital. Je me suis entraîné du mieux que je pouvais et j’ai travaillé le plus fort possible », a poursuivi celui qui avait terminé au huitième rang des qualifications plus tôt dans la journée. « J’ai profité du moment et il faut que je sois fier de ça. Les Jeux olympiques ont cet effet spécial sur nous. Je voulais être ici et je ne le regrette pas une seconde. Peu importe les embûches, je referais tout encore une fois. C’est pour des journées comme aujourd’hui que je plonge et que je suis en amour avec mon sport », a déclaré le plus grand plongeur canadien de l’histoire. La suite Même s’il s’agissait de sa dernière épreuve olympique, Alexandre Despatie n’a pas encore arrêté son choix à savoir s’il poursuivrait ou non sa carrière sportive. « Ne pas abandonner et continuer à me battre, c’est la personne que je suis. J’aime relever les défis et celui-là en était un gros. J’ai beaucoup appris sur moi et je n’ai pas été trop exigeant envers moi-même. Je suis un plongeur, mais ce n’est pas la personne que je suis. J’aimerais faire une carrière en cinéma et je vais mettre tous les efforts pour aller le plus loin possible. » Rédaction : Mathieu Laberge